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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 10:04

Des armes pour les vigiles des HLM : "une vraie mauvaise idée"

 

Un décret publié en décembre permet aux agents de sécurité des logements sociaux d'être équipés de matraques et de bombes lacrymogènes.


Des membres du GPIS (Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance) lors d'une patrouille nocturne dans l'un des 64.000 logements sociaux de Paris. (SIPA/ Valinco)

Des membres du GPIS (Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance) lors d'une patrouille nocturne dans l'un des 64.000 logements sociaux de Paris. (SIPA/ Valinco)
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Il ne fait pas l'unanimité. Un décret du ministère de l'Intérieur du 21 décembre permet aux agents de surveillance et de gardiennage des immeubles collectifs de type HLM d'être munis de bâtons de défense de type "tonfa" et de gaz lacrymogènes. Il devrait être appliqué dans quelques semaines, le temps que soit à son tour publié l'arrêté concernant la formation des agents et que soient délivrées les autorisations pour le port des matraques.

"A Paris, les quelques 250 agents du GPIS (groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) interviennent la nuit dans quasiment autant d'ensembles immobiliers sociaux regroupant aux alentours de 65.000 logements" explique au "Nouvel Observateur" le maire UMP du 15e arrondissement, Philippe Goujon, qui avait fait adopter l'amendement dans le cadre de la loi du 2 mars 2010 dite "loi Estrosi" sur "les violences en bandes", comme le rappelle "Le Parisien". Employés par un GIE (groupement d'intérêt économique) regroupant la plupart des bailleurs sociaux parisiens, "une centaine" de ces agents disposant de contrats de droit privé sont victimes d'agressions chaque année, affirme le maire du 15e.

"Que peuvent-ils faire si on leur saute dessus ?"

D'où la volonté de "protéger le personnel", et de "dissuader les personnes agressives". La mission première de ces agents est "d'aller au contact de la population, d'essayer de désamorcer certains conflits, et de dissuader certains d'aller plus loin" rappelle le maire. Avant d'ajouter : "que peuvent-ils faire quand on leur saute dessus, qu'ils sont pris à partie ou attaqués par des bandes ? Ils n'ont aucun moyen de défense".

Des arguments qui font bondir Luc Poignant du syndicat SGP Unité Police FO qui n'y voit qu'une "vraie mauvaise idée". Le fait que les agents de surveillance soient pourvus d'une matraque visible pourrait même, dit-il, être source de conflits : "quand certains jeunes, qui savent que le but de ces agents est d'entretenir de bonnes relations avec la population, verront qu'ils sont armés, ne vont-ils pas se dire que les agents peuvent aussi attaquer ?" Le secrétaire général de SGP Unité Police FO, Nicolas Comte, va plus loin : "dans certains quartiers de Paris, des tracts sont distribués aux habitants pour les inciter à appeler le GPIS plutôt que la police. On privatise la sécurité de certains quartiers, tout en jouant sur la similitude des tenues, et le port d'armes ne fera que renforcer cette confusion."

S'il n'affirme pas non plus que l'idée est bonne, son collègue d'Alliance police Jean-René Deleu n'est "pas surpris" par l'initiative : "ces agents, qui sont régulièrement pris à partie, doivent pouvoir porter assistance et se défendre eux-mêmes" argue-t-il, précisant que les armes qui leur sont attribuées sont avant tout "des armes de défense." Depuis octobre dernier, des patrouilles mixtes mêlant policiers et agents du GPIS sont organisées dans certains quartiers de la capitale, assure Philippe Goujon. A Belleville notamment, précise Jean-René Deleu. Quel intérêt à les armer s'ils accompagnent des policiers ? "Et si à un moment l'agent se retrouve seul ?" rétorque le maire du 15e.

Une formation de "quelques jours"

Côté formation, les agents auront droit à une formation initiale et continue, assure encore Philippe Goujon : "une partie théorique reprendra les bases du port d'armes, de la légitime défense et les règles du code pénal, puis une partie pratique renforcera le maniement du tonfa". Le maire du 15e ignore la durée de la formation qui devrait être "très courte" et ne pas excéder "quelques jours." Mais les autorisations de port d'armes, délivrées par le préfet de police et valables 5 ans, "seront délivrées au cas par cas" insiste-t-il, "et chaque agent devra délivrer un certificat médical."

Nicolas Comte craint une "sécurité à deux vitesses", mais s'inquiète aussi des "dérives" possibles liées à cet armement. Mais Philippe Goujon est serein : "il s'agit d'armes classiques, les agents sont en général déjà formés à leur utilisation, et le tonfa ressemble plutôt à ce qui est utilisé par de nombreux agents de sécurité pratiquant les arts martiaux." Rassurant.

Egalement contactée par "Le Nouvel Observateur", la préfecture de police de Paris n'était pas disponible pour l'instant.

 

Source: Le nouvel Observateur

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Published by dailynuts-news - dans Social - Société
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